Mais malheureusement, ni le 6, ni le 7, 8, 9, 10, ni le 5, le 4 ou le 3 décembre ne sont des jours feriés. Alors comme c'est pas facile pour moi de l'emmener en week-end pour son anniversaire, je me suis dit qu'on allait le faire en avance, en profitant du 11 novembre, qui, lui, est bel et bien ferié!

C'est ainsi qu'en ce jour du 6 novembre, soit pour ceux qui suivent avec un mois d'avance, nous avons pris la voiture (une R5 blanche, comme tout le monde le sait...) et sommes partis vers l'Ouest, direction le Suriname! [NdA : Ceci dit, vu de Kourou, il y a deux routes : vers l'Est, le Brésil, et ça, vous avez remarqué qu'on l'a déjà fait, et vers l'Ouest, le Surriname, alors bon, si vous aviez cherché un peu sur une carte, vous auriez pu deviner... Au fait cherchez pas, au sud c'est la forêt et au nord l'océan Atlantique...]

Pour information, histoire de ne pas se battre sur l'orthographe du mot cette-fois ci :
L'orthographe Surinam est une ancienne variante. On trouve notamment cette orthographe dans le Candide de Voltaire. Aujourd'hui, l'orthographe Suriname est utilisée par l'Organisation des Nations unies, la Commission de toponymie de l'Institut géographique national français, l'Union européenne et l'Organisation internationale de normalisation (source : wikipedia.fr).
J'utiliserai donc cette dernière orthographe, car ne considère pas (encore) ce billet à la hauteur dudit Candide...


Bref, après 2h de route (j'aime bien ça moi les routes qui tournent! (private joke dont la seule personne susceptible de comprendre ne lit pas le blog...) ), nous arrivons à Saint-Laurent-Du-Maroni, ville frontière avec le Suriname, et également ville ou se situe la plus grande maternité de France, épatant non? Pourquoi? Parce qu'à la période de la ponte, les tortues... Heu, non, pas tout à fait : lorsqu'elles approchent les 9 mois de grossesse, les futures (très!) heureuses maman Surinamaises traversent le fleuve en pirogue, pour accoucher dans cette merveilleuse maternité! Attention, il y a en permanence [C'est à dire parfois, et de jour seulement] une pirogue de gendarmes chargée de contrôler les traversées sur une centaine de kilomètres de fleuve!
Ainsi, les enfants (droit du sol oblige) ont d'office la nationalité française, et les mamans... les allocs qui vont avec! (et qui représentent beaucoup pour un Surinamais)...
Bref, cette ville, nous l'avions déjà visitée, mais à l'époque nous ne savions pas tout cela, et nous n'avons pas fait l'immanquable pèlerinage à la maternité...
Nous avons donc seulement dormi, dans un carbet, comme d'accoutumé, avant de prendre notre pirogue le lendemain matin.

Nous voici donc à Albina, ville-frontière avec la Guyane (via le fleuve du Maroni), célèbre notamment pour sa station service, qui fourni nombre de guyannais en carburant pas cher...
C'est ici qu'un premier aperçu, conforme à ce pour quoi nous avions été préparés, commence : une dizaine de chauffeurs de taxis-co nous sautent dessus, pour nous proposer chacun des tarifs pas plus alléchants que les autres. En fait, ici, tout se joue sur la vitesse de la conduite, mais ça, vous ne le savez qu'une fois dans la voiture. Nous partons donc avec un groupe d'indiens, et avons visiblement bien choisi notre chauffeur puisque, même si nous n'avons pas de vue directe sur le compteur, je pense pouvoir affirmer qu'il n'aura pas dépassé les 150km/h. Une aubaine vue la route de 200km environ (pour ne pas dire piste) qui nous sépare de Paramaribo, la capitale du Suriname.

Un peu d'histoire maintenant : autrefois (cf wikipedia pour la date exacte) le Surriname était une colonie hollandaise. Depuis quelques dizaines d'années (cf wikipedia pour la date exacte), le Suriname est devenu un pays indépendant, ce qui a amené de très nombreuses évolutions, avec un désir certain de la population de s'en sortir (palpable même en quelques jours!).
Fin de l'histoire.

Nous sommes donc arrivés à Paramaribo dès 10h le vendredi matin afin de prendre possession de notre chambre d'hôte. Mauvaise pioche : elle est loin du centre ville, vieille, et les draps sont aussi vieux, moches et propres que tout le reste...

Nous décidons alors de passer néanmoins à la suite du programme, et c'est ainsi que commence le jeu : où est Charlie?
Panorama - boutique de chaussures

Plus dur, je vous met au défi de trouver ou elle est sur celle-ci :
Paramaribo - Manue dans les magasins
Après plusieurs centaines de magasins, et quelques dizaines de milliers de chaussures vues, Manue se décide finalement pour quelques paires, ce qui lui coutera approximativement l'équivalent d'une paire pas trop chère en France!

Nous nous sommes alors également rendu (deux fois sans le savoir, comme il donne sur 2 rues différentes!) dans le grand supermarché de Paramaribo, où nous avons plein de courses pour la modique somme de 30 euros! C'est qu'on avait perdu l'habitude de pas tout payere au prix fort!
Le soir, nous avons mangé dans un petit resto recommandé par le guide, avec une vue sur le grand pont du fleuve Suriname, ce qui fut l'occasion d'une superbe séance de photos!
Sourie Manue!! Soyez indulgent, le temps de pose est de 30 secondes!
Je fais appel à votre indulgence quant à la stoïcité du sujet et aux effets de couleur, car le temps de pose de cette photo est de 30 secondes, tout de même!

Le lendemain matin, départ pour le parc naturel du Brownsberg. Thème de la journée : les mines d'aluminium!
En effet, après l'indépendance du Suriname, la population a tenté de s'en sortir, comme je le disais plus haut, et c'est alors qu'a commencé l'extraction de l'aluminium à grande échelle. Notre voyage a donc commencé par l'imposante usine, où défilent des dizaines de camions de minerais devant nos yeux ébahis :
P1040858.JPG

La route continue alors, et quelle route! Sur quelques centaines de kilomètres, 10 mètres de largeur de rocs et de sable rouge ocre de la couleur de l'alumine.
L'occasion de prendre quelques photos sur le vif au milieu de la poussière des camions de minerais...
Brownsberg - camion

Une chance pour nous, notre bus a la clim, chose indispensable car nous avons 2 à 3h de route à passer dedans sous un soleil de plomb...
2 à 3h, c'est en effet le temps qu'il faut pour rallier le l'Inselberg du Brownsberg, à moins que...

... à moins qu'au milieu de la route, le bus ne nous claque entre les doigts!
Hé oui, à cause de la poussière, le filtre à air de notre bus s'est complètement bouché et, après avoir tenté de rouler sans la clim, nous nous sommes définitivement arrétés au bord de la route...
Brownsberg - en panne

Après 2 heures d'attente heureusement, un bus de remplacement arrive, et nous continuons notre chemin!
C'est ainsi que nous arriverons bientôt à l'Inselberg du Brownsberg, avec une superbe vue sur la forêt surinamaise :
Lac du Brownsberg
Nous avons même pu observer au retour un morpho bien mal en point qui s'est peu débattu lorsque notre guide nous l'a attrapé!
Morpho

Le lendemain, réveil aux aurores pour assister à un spectacle qui nous intriguait depuis notre arrivée en Guyane : les concours de Pikolet (prononcer "pikolette"). Il s'agit de petits oiseaux, capturés puis élevés par beaucoup de monde à la fois en Guyane et au Suriname, qui participent ensuite à des concours de chants! On voit très souvent leurs propriétaires promener les oiseaux partout avec eux : à vélo, en moto, au marché, etc... En effet, il parait que plus les oiseaux entendent et sont habitués à des sons différents, plus ils vont bien chanter, et moins ils risquent de "se cabrer", c'est à dire de se plier pendant le "duel" en signe de soumission, comportement synonyme de défaite immédiate!
Pikolet

Le lendemain, rien de prévu, ce qui dans le langage féminin signifie shopping bien sûr! Je ne vous ferai pas le détail de ce que nous avons acheté, mais il y en a eu aussi!

Pour continuer le séjour en beauté, nous partons le jour suivant sur les fleuves autour de Paramaribo : le Suriname, et la Commewijne River, toujours avec le même organisme touristique.
Nous prenons cette fois-ci le bateau sur le fleuve, où nous retrouvons un couple de hollandais que nous avions rencontrés lors de la sortie précédente ; l'occasion d'espérer ensemble que cette fois-ci, le filtre à air tiendra le coup! (l'avantage des fleuves, c'est que question poussière on risque pas grand chose!)
Tout commence par une virée d'une petite heure sur le fleuve Suriname :
Commewijne - Surinam river
Nous arrivons alors au point de rencontre des fleuves Suriname et Commewijne, endroit fort propice à l'implantation d'un fort, dit "Fort de New Amsterdam". Il a été construit lors de la seconde guerre mondiale par les américains. En effet, à cette époque, l'Europe question stabilité, c'était pas trop la fête, et histoire de faire régner l'ordre, nos alliés d'outre Atlantique et d'outre Manche commençaient à découvrir l'aviation. Ils avaient pour ce faire besoin, non pas de canne à sucre (car le ti'punch n'est pas le meilleur ami de l'aviateur), mais d'aluminium, deuxième ressource qu'ils pouvaient trouver au Suriname! Ils ont donc décidé de défendre le Suriname dès l'entrée des fleuves.
Et qu'est-ce qu'on trouve dans un fort? Des canons (d'une telle puissance que, lorsqu'ils ont été essayés pour la première et unique fois, la déflagration a fait vibrer, parait-il, le sol jusqu'à 50km à la ronde!) :
Commewijne - Fort New Amsterdam
mais aussi des touristes,
Commewijne - Fort New Amsterdam
d'immenses arbres,
Commewijne
des entrepôts de munitions (fort étudiés, de sorte qu'en cas d'attaque, une balle de fusil ne puisse pénétrer à l'intérieur grâce aux chicanes pratiquées sur les ouvertures) :
Commewijne - Fort New Amsterdam - entrepot
et, une chance... les tongues que Manue cherchait depuis le début du séjour!!!
Commewijne - Tongs de Manue

Une fois la visite du fort terminée, nous sommes retournés sur notre barque, jusqu'à un village d'un exploitant de plantation qui valait bien le détour vu son nom!
Commewijne - Frederiksdorp

Après la visite du village de la plantation, suivie de la visite d'un village de pêcheurs de crevettes (il parait que le Suriname exporte beaucoup de crevettes, vous y penserez la prochaine fois que vous en achèterez en supermarché), nous sommes retournés sur le bateau.
Au programme de notre retour : baignade dans le fleuve, causette avec les dauphins (trop difficiles à prendre en photo!), et poses photos devant avant que le soleil ne se couche!
Commewijne

Notre voyage touchait alors presque à sa fin, sans compter bien sûr sur la dernière matinée... "libre", si bien que je vous laisse deviner ce qu'on a fait en ville!
Bon, je suis un peu médisant : on n'a pas fait que du shopping, car on a aussi profité (pour la deuxième fois du séjour) d'un hôtel qui proposait pour à peine 10 euros (pour 2!) une heure de sauna+jacuzzi, parfait pour se relaxer avant le trajet du retour...

Et ça, on peut dire qu'il fallait être bien relaxé pour ce trajet! Nous avons en effet demandé à un chauffeur de taxi de nous mener au point de départ des taxis pour Albina (la ville frontière avec la Guyane), mais nous n'imaginions pas une seule seconde ce qui nous y attendait! Une fois arrivés là bas, le taxi n'était même pas arrêté que les chauffeurs de taxico ouvraient déjà les portes et nous tiraient déjà dans leurs taxis! Hallucinant, nous avons dû presque nous battre pour qu'ils ne nous arrachent pas les sacs pour les charger dans leur coffre! Au bout d'une demi-heure, au bord de craquer tellement la pression était forte et les gens criaient dans tous les sens, nous nous sommes écartés de la cohue pour trouver un chauffeur beaucoup plus calme, qui n'attendait plus que deux personnes pour partir!

Ce voyage terminé à une vitesse presque raisonnable, nous sommes rentrés en Guyane, avant les évènements dont vous avez entendu parler (hé oui, il faut mettre les messages dans l'ordre pour suivre nos activités!), puis notre retour pour les fêtes de Noël en métropole.

Nous transmettons nos bises à tous nos lecteurs, puisque ce message est sans doute le dernier que vous lirez. Un peu long à préparer (le plus dur, c'est de s'y mettre!), il conclut (du point de vue du récit des évènements non-chronologiquement rapportés) nos aventures guyannaises et alentours!

En tout cas, ce fut pour nous deux une extraordinaire aventure, et nous avons pris beaucoup de plaisir à vous raconter tout cela!

A bientôt les amis!

Fred&Manue