Jeudi 27 Novembre, 22h, nous rentrons, calmes et sereins, de notre cours hebdomadaire de salsa.
Jeudi 27 Novembre, 22h30 : je discute sur MSN avec Marco, un collègue de mon service, VCAT (Volontaire Civil à l'Aide Technique, équivalent à la coopération qui autrefois remplaçait le service miilitaire). Il me prévient qu'il y a des tensions à Kourou, qu'il vaut mieux ne pas sortir.
Jeudi 27 Novembre, 23h17, sur ces recommendations, je me décide à ajouter une barre métallique (en fait un manche à balai, mais métallique quand même) aux volets de la cuisine pour les bloquer. Ce faisant, je vois des jeunes en dessous, je me dis... ceux là m'ont l'air louches...
Jeudi 27 Novembre, 23h20, j'entends les volets du magasin en dessous de chez nous qui roulent : d'habitude, ça veut dire que le magasin ouvre... mais vue l'heure, c'est loin d'être normal! Extinction de toutes les lumières dans l'apart, on file dans la salle de bain avec Manue, le portable (PC), et le téléphone.
Jeudi 27 Novembre, 23h20 toujours : on entends des gens s'exciter sur la grille qui bloque l'entrée à notre cage d'escalier.
Jeudi 27 Novembre, 23h23 : après avoir tenté d'appeler Rémy et Monique, mes grands parents (1er entrée de la liste de mes contacts quand je tape "17" sur mon portable, allez savoir pourquoi!), j'appelle le vrai 17, et tombe sur un gendarme : visiblement, ils sont déjà au courant, ils arrivent.
Jeudi 27 Novembre, 23h24 : On bloque tout, Manue place derrière la porte des fauteuils pour bloquer l'entrée, que je remplacerai plus tard par la machine à laver (d'où l'eau partout!), nettement plus lourde. Je n'oublie pas de retenir la remarque de Manue, lorsque je lui dit "J'ai mis la machine à laver derrière la porte" : sa réponse fut claire et sans appel : "mais pourquoi, on s'en fout si on se fait voler la machine à laver!!" (Pensait-elle que je la plaçait là pour qu'on puisse rapidement la prendre avec nous....?)
Jeudi 27 Novembre, 23h24 toujours : je suis toujours sur MSN avec Marco : de chez lui, il voit ce qui se passe chez nous (il habite un peu plus loin, presque en face). On a tous les deux préparés nos affaires, ordinateurs et choses de valeur à portée de main, dans un sac, prêts pour une sortie express par les volets de la cuisine... (et Manue met ses tennis pleines de terre :-) )
Jeudi 27 Novembre, 23h29 : j'ai le colloc de Marco au téléphone qui me donne le numéro de chez eux... Ils me conseillent de prendre ce qui a de la valeur chez nous et de les rejoindre... Sauf que si on sort maintenant, avec le monde qu'il y a en bas, ça veut carrément dire : servez-vous chez nous, il n'y a plus personne...
Jeudi 27 Novembre, 23h30 (pendant le coup de téléphone) : les gendarmes sont arrivés, ils sont juste en dessous de chez nous. Ils ont fait fuir les braqueurs. On décide néanmoins de rester chez nous, on écoute les conversations des gendarmes avec un employé du magasin qui est arrivé.
Jeudi 27 Novembre, un peu plus tard : Les gendarmes font un essai de l'alarme du magasin, visiblement, elle ne fonctionne pas et la société de gardiennage n'a pas été prévenue...
Vendredi 28 Novembre, 0h et quelques : les gendarmes signalent aux deux personnes du magasin que le gardien de la société est en fait bloqué à Cayenne depuis lundi... ...mais qu'il n'a pas osé le dire à son patron!!
Vendredi 28 Novembre, 2h du matin : les gendarmes sont partis, les gars du magasin ont fait venir des amis à eux (costauds) qui vont garder le magasin. Rassurés, nous nous endormons, Manue sur une oreille, moi sur l'autre, histoire de rester attentifs aux bruits extérieurs...
Vendredi 28 Novembre, 10h : en allant au marché, nous passons devant le magasin : le volet métallique est cassé, la vitrine explosée, et plusieurs présentoirs gisent sur le sol... Un gars du magasin prends des photos, pour l'assurance... Il finit par faire souder le volet métallique par un ami, en espérant que cette nuit, les jeunes ne s'en prennent pas aux 3 autres volets qui font la devanture du magasin...

Aujourd'hui, tout a l'air calme dans Kourou... Ce soir, nous avions invité ma chef et son copain à dîner chez nous : en raison de ces évènements, et du fait qu'il doit nous rester une infime quantité de gaz dans notre bouteille, nous irons chez elle avec notre poulet cru, et nous ferons la cuisine et la soirée là bas...
Apparemment, ça ne devrait pas être aussi chaud ce soir que la nuit dernière, et ma chef nous a dit que lorsque ça chauffe, ils s'en prennent toujours au magasin de chaussures en dessous de chez nous... Leur deuxième cible est en général une bijouterie, mais heureusement, cette-dernière est bien plus loin... 20 mètres je dirais, au rez-de-chaussée du bâtiment à coté!
A demain pour d'autres aventures, mais ne craigniez rien pour nous : entre ma chef et Marco, nous savons que nous pouvons nous réfugier au calme quand on veut!