Vous l'aurez deviné, je parle du Brésil bien sûr!

[Note de l'auteur : la complexité sémantique est telle que je choisirai délibérément de parler indiféremment d'Oyapock, Oiapoque, Oyapoque... marre de faire gaffe à l'orthographe de ce nom qui change selon le contexte!]

Il y a quelques semaines de cela, nous sommes allé y faire un tour avec Manue : dépaysement garanti!
Après 3 à 4h de route (au singulier, c'est quand même la Guyane dont on parle ici!) sinueuse (assez fatiguante au bout d'un moment, il faut bien le dire...) et presque sans danger (le barrage de gendarmes à mi-chemin est là pour nous rassurer : au moins jusqu'à ce point, on ne craignait rien...), nous arrivons à Saint Georges de L'oyapauk.

Là, un brésilisien se jette sur nous pour nous proposer (dans un parfait portugais bien sûr) de nous faire traverser le fleuve (l'Oïapok) pour nous mener dans la ville jumelle à Saint Georges de l'Auyapok : j'ai nommé Oŷàpoqué! Un autre nous propose de garder la voiture pour le week-end, mais on est joueurs, on refuse bien sûr, et on la gare devant la douane (pas fous non plus!)

Une fois la traversée et remontée effectuée sur quelques kilomètres de ce charmant fleuve que nous ne nommerons plus (en pirogue, mais on n'a pas de photos, vous savez ce que c'est, quand on n'arrête pas de faire de la pirogue sur des fleuves avec la forêt amazonienne des deux cotés sous un soleil au zénith... on se lasse quoi...), nous arrivons alors... Chez Rena, du nom de l'auberge chez qui nous avions réservé, à Oyâpeauk bien sûr!
Pour la minute culturelle, sachez que cette ville s'étend sur 22625km², soit près de deux fois l'Île de France pour 19000 habitants, soit près de 609 fois moins que notre région... Pour notre part, nous avons visité la partie civilisée (sans mépris aucun, mais au sens brésilien) de cette ville, qui à mon avis ne prends pas plus qu'un demi arrondissement parisien... Enfin... un grand Carrefour quoi! (bon, un peu plus quand même!)

En ce lieu fort charmant où nous sommes arrivés vers 19h, nous avons tout d'abord pris possesion de nos quartiers, avec l'agréable surprise que, à mon incompréhension totale (et insistance d'ailleurs, de peur d'avoir quelque chose pour lequel on paierai moins...) nous avions droit à une chambre pour deux plutôt qu'un carbet pour 10... pour le même prix!
[Note de l'auteur : rappel pour ceux qui n'ont pas suivi, un carbet est un endroit où l'on met ses hamacs]
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Voici donc ce contre quoi nous avons troqué nos hamacs, avec en prime un petit espace devant la chambre dont nous n'avons même pas eu le temps de profiter :
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Vue l'heure, il était cependant temps de passer à table, nous avons alors eu droit à un repas classique pour la région : le seul qualificatif qui me vient à l'esprit est "gargantuesque" : on a toujours l'impression ici qu'ils pensent qu'on est deux mais que notre bande de 10 copains ne va pas tarder, du coup, ils mettent à manger pour tout le monde!
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Après ça, nous serions bien sortis faire un tour, si l'on ne nous avait pas déconseillé de nous promener de nuit à Eau-y'a-peau-queue, car la sécurité au Brésil... ben c'est pas trop ça...

Bref, le lendemain, nous sommes sortis de notre nid d'amour, et quelle ne fut pas notre surprise en visitant l'auberge de jour :
-à coté de nos tables de petit déjeuner, un perroquet vert à peine visible se fond sur le décors tropical :
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-notre aubergiste semble proposer avec un tel succès ses boissons à ses clients, qu'il s'est mis au recyclage de bouteilles, converties en bacs à fleurs (et je peux vous dire qu'il en a fait du recyclage!) :
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-Pour finir, notre aubergiste, qui en plus de faire des pirogues dans un grand atelier, à coté aime la nature, développe la faune locale, c'est pourquoi je me mit rapidement à fouiller dans son bac :
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Et devinez ce qu'on y trouve?!
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Des toutes petites tortues, pas plus grosses que la paume de ma main!! Elles auront le droit de rejoindre leur lieu de villégiature (dont j'ignore totalement la localisation, morphologie, ou éventuel caractère océanique) dès qu'elles auront atteint la taille requise, c'est à dire... un peu plus grosses que ça!

Bref, pour l'instant, de cette charmante ville brésilienne qu'est Oîâpôqe, vous ne connaissez que l'auberge... Hé bien sachez que c'est déjà pas mal, même si elle ne se trouve qu'en bordure de la ville, c'est probablement ce que cette dernière a de mieux! Oiapoke, en effet, c'est une ville assez banale :
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Avec des rues :
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Mais, heureusement, très joliment peuplée!
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Après ce jour et 1/2 passé à EauYhapockque, nous sommes retournés en France, pour passer une nuit à Saut Maripa. Il s'agit là, comme vous l'aurez deviné, d'un saut, l'un des plus grands du fleuve (l'Oiapok), auprès duquel on a aménagé toute une série de carbets.
[Note de l'auteur, on appelle ici un "saut" un passage d'un fleuve ou d'une rivière où le dénivelé plus important crée des rapides, souvent extrêmement dangereux à traverser, contrainte dont s'accommodent sans sourciller la plupart des piroguiers d'Amérique du sud, non sans payer un lourd tribu de leur matériel, et parfois, très malheureusement, de leur vie...]
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(cliquez pour agrandir)
Nous fûmes pourtant rapidement déçus par l'état assez vétuste des installations : tout a été abandonné il y a quelques années (nous le savions...), et ici, la nature se fait une joie de déconstruire à une vitesse même inégalée par nos maçons guyano-brésiliens (qui mettent au tapis nos amis franco-portugais...) :
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Après une nuit passée dans cet endroit nettement moins paradisiaque que notre auberge, nous sommes rentrés au bercail... pour quelques semaines de repos bien méritées avant... ...notre prochaine escapade en forêt tropicale!



[Note de l'auteur : ne soyez pas surpris, les messages arrivent non pas au fur et à mesure des activités telles que nous les vivons ici, mais plutôt au fur et à mesure du temps que nous passons à les écrire... La prochaine escapade, donc, a peut-être déjà eu lieu! C'est la magie du Net!]